Interview du chanteur néo-calédonien Marcus Gad par Dj Ness Afro.


Plus d’alternative, plus de musiques de qualité et toujours avec la même passion pour 2022, on retrouve une fois de plus une interview de Dj Ness Afro :

La Nouvelle Calédonie est à l’honneur aujourd’hui, Dj Ness Afro nous partage son interview du chanteur Reggae Marcus Gad
Cette interview a été partiellement diffusée sur Ness Radio le 23 novembre, lisez ici l’interview complète. Depuis lors, la Nouvelle-Calédonie reste une île du Pacifique Sud sous contrôle français. Le mystique sans frontières Marcus Gad & le beatmaker Tamal nous livrent un nouvel album qui repousse une fois de plus les frontières du Reggae. Des pyramides d’Egypte avec ‘One Day’ au désert du Maroc avec ‘Tempo’, cet album est puissant et profondément spirituel. Ambassadeur culturel de la Nouvelle-Calédonie où la nature et les coutumes tribales sont encore préservées, il nous donne de l’espoir à une époque où de grands changements doivent être apportés pour le bien de l’humanité et de la vie elle-même. Véritable Globe trotteur il partage avec nous ses nombreux voyages…

DJ Ness Afro : Très heureux de te retrouver enfin depuis la sortie de ton premier album Chanting en 2017, tout les auditeurs de Ness Radio étaient impatients de d’entendre dans mon émission. Tu viens de sortir un nouvel album intitulé ‘Brave New World’. Ce n’est pas ta première collaboration avec le beat Maker Tamal ?
Marcus Gad : Oui en effet, nous avons commencé le travail avec Tamal il y a un petit moment ensemble et depuis le début car les premier sons que j’ai enregistré c’était avec lui. Et puis à fur et à mesure dans notre aventure musicale, nous avons été amené à ouvrir les horizons. Depuis le début de notre rencontre nous avons toujours été dans cette exploration ensemble, cette volonté d’aller chercher au delà des styles. Du coup cet album qui viens de sortir c’est vraiment une concrétisation de tout ce cheminement la.

DJ Ness Afro : Le premier morceau que j’ai entendu c’est le magnifique Tempo, en fait j’ai découvert que tu jouais du Lutar ?
Marcus Gad : Je voyage pas mal, j’essaye de voyager le plus possible, c’est un chose que j’adore pour m’ouvrir les horizons. Et du coup vu que le Maroc ce n’est pas loin de la France j’en profite pour y aller souvent. Pendant mes voyages je m’intéresse aux instruments et le Lutar c’était un instrument qui avait retenu mon attention du fait que je sois assez sensible à ces sonorités la. Vu qu’il n’y a pas de Fret tu vois il y a quelque chose de très intuitif dans la manière de jouer. Et puis le Maroc c’est un pays qui m’a laissé beaucoup de souvenirs et il y avait cette envie d’encrer ça dans la musique, de ramener cette influence des mes voyages la bas et d’en faire un morceaux, cela à donné Tempo.

DJ Ness Afro : L’album comme à son habitude est rempli de spiritualité, Tu évoque beaucoup la médiation, D’après toi que peut elle nous apporter ?
Marcus Gad : Je pense que nous vivons dans une époque où nous sommes bombardé d’informations dans tout les sens. En fait nous avons beaucoup d’informations à traiter et parfois il y en a tellement que l’on est dépassé, du coup on sent une certaine déconnexion au sens générale à l’échelle de l’humanité. Je pense que la médiation, le recentrage , cette capacité que l’on a faire le vide, elle peut vraiment nous aider justement à filtrer toute cette information et à revenir à des choses essentielles. Nous avons besoin de nous recentrer sur l’essentiel. Toutes ces techniques la qui sont vieilles comme le monde, aujourd’hui elles sont très utiles pour tout ces challenges auxquels nous avons à faire face plus que jamais.

DJ Ness Afro : Comment as tu fait pour pouvoir filmer et obtenir les autorisations dans ce décor magnifique des pyramides Égyptiennes j’était assez surpris…
Marcus Gad : C’était surtout la chance de l’époque parce que je suis parti la bas en plein Covid un moment où ce n’était pas évident de voyager. L’Egypte était un des rares pays qui était resté ouvert à ce moment la quand j’y suis allé. J’ai eu le luxe de pouvoir visiter l »Egypte quasi vide, il y avait vraiment très peu de touristes, tous les temples étaient vides.Nous avons pu filmer sans avoir aucune interférence derrière et c’était assez magique même au delà du film de pouvoir se retrouver seul la bas.

DJ Ness Afro : On va parler d’un de mes titres préféré de l’album, je trouve que la prod est incroyable c’est Callin I tribe, comment ce titre est née, tu joue des instruments dessus ?
Marcus Gad : Ce qu’il faut savoir sur cet album c’est que la plupart des morceaux sont composés par Tamal car c’est vraiment son domaine. Après il y a quelques unes des chansons que j’ai composé et que j’apporte à Tamal. Cette chanson en fait partie. On va dire que c’est la chanson la plus teintée reggae de l’album parce que c’est vrai quand dans cet album nous sommes partis dans une recherche qui va au delà d’un seul style. Du coup ‘Callin I Tribe’ c’est celle qui à le coté plus reggae avec tout de même cette touche moderne que l’on a voulu apporter à ce travail la.

DJ Ness Afro : Quand on écoute l’ensemble de l’album je trouve que l’on se sent apaisé et guidé spirituellement…
Marcus Gad : Il y avait vraiment cette volonté, notre premier EP avec Tamal nous l’avions nommé ‘Enter A space’ , entrez dans un espace, ce titre la portait vraiment la sensation que l’on essaye de déclencher chez les gens avec notre musique. C’est vraiment de les faire rentrer dans une bulle et une partie de la recette, c’est cette recherche de texture sonore. Même si le son est digital, c’est dans la recherche sonore, nous essayons de trouver un son qui soit organique et assez naturel qui rappelle un truc ancien, qui rappelle la nature et toutes ces textures sonores, on les ressent et elle contribue à ce que l’on ressent à l’écoute de notre musique. Sur cet album il y a vraiment une recherche à ce niveau la.

DJ Ness Afro : Les messages de Rastafari font ils écho de plus en plus dans notre société actuelle ?
Marcus Gad :  Je pense forcement car les choses qui sont vraies sont comme l’eau de la rivière, elles arrivent forcement à la mer. Du coup plus on avance plus on se rend compte des choses et tout ces anciens qui sont venus à cette époque, ils ont eu des visions qui étaient très claires et précises pour comment vivre une vie saine, une vie qui à du sens. Je pense que les gens vont de plus en plus rentrer dans cette quête de sens parce que nous sommes en train de perdre tout le sens de nos vies avec tout ce qui se passe dans le monde aujourd’hui. Je pense que tout ces messages se révèlent au fur à mesure et les gens y reviennent car ce sont des messages qui rendent les gens heureux.

DJ Ness Afro : C’est pour cela que ton album s’appelle Brave New World, car il faut beaucoup de courage ?
Marcus Gad : Oui Brave New World il y a ça et puis c’était aussi un clin d’œil au livre de Aldous Huxley qui en Français s’appelle Le meilleur des Mondes, une histoire un peu dystopique sur un système futuriste ou les valeurs sont complètement parties en live. Brave New World c’est une chanson que j’ai écrit quand je suis remonté à Paris après le premier confinement quand toute cette histoire de Pandémie à commencé et il y avait un coté vraiment dystopique tu vois avec toutes les nouvelles normes et les nouvelles règles mises en place. Tout ces changement qui ont chamboulé notre ordre social, un nouveau monde. C’était un peu ironique ce titre.

DJ Ness Afro : Comment ça se passe en Nouvelle Calédonie au niveau des restrictions sanitaires?
Marcus Gad : Oui et bien nous aussi c’est assez terrible ce qui se passe, il y a une grosse pression, nous sommes un des quatre seuls pays au monde à avoir imposé le vaccin. Pour l’instant les gens manifestent beaucoup ici; ça bouge beaucoup au niveau mobilisation. Nous espérons que le gouvernement va revenir au bon sens, lever ses règles complètements absurdes car pour l’instant au 31 Décembre si tu n’est pas vacciné , tu es licencié dans tout les corps de métiers. Même ici sur notre petite île du pacifique nous ressentons la crise et les bouleversement qui sont mondiaux

D J Ness Afro : Je tenais à te féliciter pour cette signature avec le label américain Easy Star !
Marcus Gad : oui nous avons commencé à travailler avec eux pour cet album ‘Brave New World » Nous sommes vraiment heureux car cela faisait partie de nos objectifs à long terme lorsque nous avons commencé cette aventure. Cette volonté de jouer partout et de ne pas se cantonner à la France ou à L’Europe. C’est vrai que les Etats-unis cela ouvre tout un panel de possibilités. Dans la gratitude d’avoir eu cette opportunité.

DJ Ness Afro : ‘Protège ton pouvoir, Conserve ton savoir, Protège ton histoire, Préserve ta mémoire, Non les manipulations d’Etat n’auront jamais raison de l’histoire Car elle est inscrite dans nos gênes Et nous la portons dans nos mémoires’ ce sont les paroles de ta chanson ‘Pouvoir’ du précédent album, sur ce nouvel album il n’y a pas de titre en Français ?
Marcus Gad : Non sur celui-la non, c’est vrai que c’est très rare que je fasse un titre en Français, je n’en ai fait qu’un jusqu’à maintenant et c’est vrai comme j’ai pu me confier dans de précédentes interviews, je suis beaucoup moins à l’aise en Français quand il s’agit de chanter et puis aussi comme je dis souvent l’anglais c’est la langue la plus parlée à l’international et si cela avait été le japonais et bien j’aurais chanté en japonais. J’ai vraiment cette volonté d’être compris par le plus grand nombre quand je chante et quand j’écris.

DJ Ness Afro : Quel est le dernier morceau ou album d’un autre artiste qui t’a fait chavirer ?
Marcus Gad : C’est pas super original venant de moi mais c’est le dernier album de Akae Beka de Vaughn Benjamin (Midnite) avant qu’il nous quitte et qu’il a fait avec la team de Zion I King avec qui j’ai fait mon précédent album. Du coup c’est un album qui m’a touché pour pleins de raisons, d’abord parce que je connais toute la team des frangins qui à réalisé la musique et aussi parce que c’était un des derniers albums de l’ancien, c’est un album qui m’a profondément marqué. Merci pour cette interview et prenez bien soin de vous !

Plus d’infos sur Marcus Gad :
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