Hocus Pocus @ Zénith de Paris le 13 octobre 2010


Je vous ai rapidement parlé de ce groupe ici, à l’occasion de leur premier concert présentant l’album 16 Pièces. Aujourd’hui je vais faire le compte rendu du concert de fin de tournée, symbolisant le point culminant, le Zénith.

C’était la première fois que Hocus Pocus remplissait une salle aussi grande. Chose somme tout normal à la vue de leur ascension qui ne fit qu’accroitre depuis 2001 lorsque le groupe prit la forme que l’on connait maintenant, à savoir un savant mélange entre MC, DJ et musiciens.

La première partie fut assurée par Raashan Amhad, un MC californien accompagné de DJ Moar. Bonne pêche mais plutôt classique en live, en utilisant des instrus archi-utilisées. J’en attendais un peu plus connaissant les connexions outre-atlantique comme The Procussions et Melodiq.
C’est en écoutant son myspace que je fut surpris, c’est plutôt bon, ces instrus sont très intéressantes. Après coup je n’ai reconnu que le titre Soul sur scène. myspace

Il faut noté qu’avant Raashan Amhad il y eu Imany mais je ne suis pas arrivé à temps pour l’écouter.

Après la petite attente habituelle la lumière se tamisa, le public attendait de pied ferme, excité et exigeant. Puis derrière la scène en hauteur, des formes géométriques de différentes couleurs formant la pochette de l’album 16 pièces, s’allumaient et s’éteignaient au rythme de la musique.
C’est à ce moment que les musiciens arrivèrent déjà acclamés par un public chauffé à blanc. 20Syl le MC/Producteur les rejoignit peu après.

Il y avait le groupe habituel c’est-à-dire Antoine à la batterie, Hervé à la basse, Matthieu au clavier, David à la guitare, DJ Greem aux platines, et 20Syl au micro. De plus il y avait une section cuivre dont Thomas Faure le saxophoniste d’Électro Deluxe et un xylophoniste qui est venu pour quelques morceaux.

L’acoustique de la salle ? De bien piètre qualité, aucune précision, tout était noyé dans les basses qui faisaient tout trembler. Le Zénith n’est résolument pas une salle pour audiophiles. Heureusement qu’Hocus Pocus offre toujours un show diversifié.

Car Hocus Pocus est un groupe de live, il faut absolument les voir sur scène. Et ce soir ils nous ont offert tout ce qu’y fait qu’Hocus Pocus est Hocus Pocus, l’esprit du groupe était là : précision des musiciens, réarrangements, jeux de scène, solos de musiciens, enchainements de temps faibles et temps forts, des montées en crescendo, de multiples échanges avec un public qui connaissait chaque morceau par cœur et qui était toujours prêt à participer, chanter, applaudir et sauter au rythme des artistes.

Je ne peux pas raconter tout ce qui s’est passé mais en voici quelques exemples.

20Syl, amateur de Human Beatbox, enregistre une rythmique au micro. Puis suivent tous les musiciens qui ajoutent, cymbales, basse, voix pour créer au final un morceau complet. Ce jeu de scène était déjà présenter au concert à la Maroquinerie en novembre dernier.

À un moment 20Syl propose à DJ Greem de venir sur le devant de la scène comme il n’est pas de coutume. Nous avons pu voir le DJ arriver équipé d’un harnais que l’on trouve lors de défilés de percussions avec sa platine fixée dessus. Ça lui a permis de descendre en fosse suivi du batteur armé d’une petite boite à rythme accrochée en bandoulière, de la section cuivre et de 20 Syl. Après quelques mètres au sein du public, ils se sont arrêtés et ont fait un cercle pour laisser la place à une équipe de breakers, les Pro Phenomen (vainqueurs du Paris Dance Delight 2009) afin de démontrer leur talent en toute simplicité. Ensuite les musiciens ont continué jusqu’à l’arrière de la salle, près de l’ingé son pour rejoindre DJ Pfel et DJ Atom. Et oui ils y avaient des platines d’installées et avec 20Syl et DJ Greem, ils nous ont ressorti le set qui leur a permis de gagner le championnat DMC 2006 (le troisième des quatre titres d’affilés), le meilleur.

Malgré les critiques qui les affublent de « Hip-Pop », Hocus Pocus est resté proche du mouvement originel du Hip-Hop en présentant quatre des cinq disciplines fondatrices avec le rap, le breakdance, le turntabilism et le human beatbox (il ne manque que le graph), bien plus proche que beaucoup de rappeurs qui se disent authentiques.

Nous avons aussi eu le droit à une pléiade d’invités, la belle voix d’Élodie Rama accompagnant 20Syl pour les morceaux Touriste et Portrait, les ex-Procussions (Stro The 89th Key et Mr. J. Medeiros) étaient toujours de la partie pour apporter leur énergie, Gwen Delabar est venu pour la chanson Marc mais j’ai trouvé qu’il a peu apporté, Ben l’Oncle Soul est venu pour les refrains de À Mi-chemin, (AKH n’a pas pu venir pour raison familial), nous avons pu voir Kohndo pour Du Sable Sur Les Paupières et Enz maintenant très proche de la sphère Hocus Pocus, poser un de ses couplets et enfin Oxmo Puccino pour Équilibre avec un interlude Mama Lova et ses fameuses punchlines.

Un rappel standard pour une fin de concert dithyrambique et une salutation de tous les artistes. Le terme de concert événement n’étais pas usurpé, c’est n’était pas que du Hip-Hop, c’était du Hocus Pocus.


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