Jazzanova live feat. Paul Randolph @ Bellevilloise, Paris le 23 mai 2010


20h30, j’arrive devant la Bellevilloise sans me presser. Le concert est annoncé à 20 h mais ça commence toujours avec au moins 30 minutes de retard. J’entre dans la salle et là, je ne vois personne ! Enfin une vingtaine de personne disséminée un peu partout, et un DJ qui passe quelques bonnes galettes.

« Qu’est-ce qui se passe ? ». Je vérifie la date, la salle. Si, si, Jazzanova vont bel et bien jouer ce soir. Alors pourquoi si peu de personne ? Ils ne sont pas assez bien pour le public français ? C’est vrai que Jazzanova n’estt qu’un des groupes phares du Nu-Jazz, que le Broken Beat sans eux ne serait pas se qu’il est, que Gilles Peterson a dû se tromper en les découvrant, qu’on ne comprend pas pourquoi le célèbre label de Jazz Blue Note leur a donné deux compilations à réaliser (Blue Note Trip volumes 4 et 5)…  Et puis ils passent tellement souvent à Paris pour des concerts : c’est juste le premier en live acoustique.
Alors pourquoi si peu de monde ? Certes la communication n’a pas été à la hauteur de l’évènement, j’ai vu très peu d’annonces sur le net et de reprise sur les forums. Et puis c’était en plein week-end de Pentecôte.

Bref un concert avec une salle à demie emplie, ce n’est pas pareil. Un des DJ membres du collectif berlinois nous a demandé de nous approcher de la scène avant le début du concert (sic).

Le concert commence tout de même et pour compenser le vide de la fosse il y avait du monde sur scène. Pas moins de huit musiciens : batteur, percussionniste, bassiste, claviériste / trompettiste, deuxième claviériste (gérant les effets), guitariste, tromboniste et flutiste / saxophoniste, tous très bons. Et ils n’étaient pas de trop faire honneur aux multiples et délicieux arrangements qui ont fait le succès de Jazzanova.
Il y avait aussi le charismatique Paul Randolph, impressionnant de maitrise, autant à la guitare qu’au chant. Réussir à interpréter les chansons de Clara Hill ou de Ben Westbeech aussi naturellement que les siennes n’est pas donné à tout le monde, surtout en apportant sa propre touche et pas simplement en étant un ersatz de l’artiste imité. On voit bien que c’est un produit de l’école de Detroit en droite ligne d’Amp Fiddler.

Le rendu sonore de la salle était correcte, les balances aussi. Heureusement ça aurait été dommage qu’un instrument soit noyé dans la masse.

Le groupe voguait entre chansons des différents albums, de In Between à Of All The Things. en passant par Belle Et Fou.

Chose réconfortante, comme je l’ai dit peu de monde mais personne n’était là par hasard. L’ambiance s’en est ressentie tout le long du concert, ça dansait volontiers, ça en redemandait constamment. Mine de rien le public présent a offert un bel accueil à Jazzanova. La preuve, nous avons pu avoir un deuxième rappel. C’est vrai aussi que le groupe ne s’est pas trop fait prier, preuve qu’ils prenaient aussi beaucoup de plaisir à jouer.

Je ne regrette absolument pas de les avoir vu au moins une fois en acoustique, le rendu est très intéressant et plaisant. Paul Randoph m’a aussi fait une forte impression. Bref bonne soirée ! À quand le prochain album ?


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